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Hommage à Marc Bloch, aussi combattant en Argonne

Publié le 23 juin 2026

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Hommage à Marc Bloch, aussi combattant en Argonne

Publié le 23 juin 2026

Ce mardi 23 juin Marc Bloch et sa femme Simonne Vidal rentrent au Panthéon.

Reconnu aujourd’hui comme historien, il fut membre de la Résistance et aussi combattant lors des deux Guerres Mondiales.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est justement stationné par deux fois en Argonne. Lors de sa seconde affectation, le 25 juin 1916, son train s’arrête aux Islettes et il consigne les lignes suivantes dans son journal :

« Le 25 juin au matin, je me réveillai dans une station où les wagons qui amenaient notre renfort avaient été laissés au passage par le train qui les convoyait. L’aube était fraîche, le ciel voilé. Je vis une petite gare, un village, des prés, et, fermant l’horizon de toutes parts, des collines rondes que couvraient de grands bois. Ce paysage agréable, que la lumière grise rendait un peu triste, me rappela la montagne et surtout le Jura. Il me sembla que je partais en vacances et que je descendais à Vallorbe pour la visite de la douane. C’étaient les Islettes; c’était l’Argonne, où le régiment, rattaché au 5e corps d’armée, venait d’être envoyé de nouveau, et où je devais, cette fois-ci, passer plus d’un an.
Nous fûmes dirigés d’abord sur Bellefontaine où se trouvait le dépôt divisionnaire. Nous demeurâmes la journée et la nuit dans ce charmant hameau, perdu, comme au bout du monde, dans un fond de vallée où la route finit et que la forêt enclôt et isole. Le 26 juin, je rejoignis le régiment avec les officiers et adjudants du renfort. Nous laissions au dépôt divisionnaire les simples soldats. Le 72e était, en grande partie, cantonné aux Islettes. Nous nous rendîmes au bureau du colonel et là chacun reçut son affectation. Pour ma part, je fus placé à la 4e compagnie. qui logeait un peu en dehors du village, dans une verrerie. J’y pris, dès l’après- midi, mon service d’adjudant de compagnie et de chef de section.
J’ai gardé un bon souvenir des Islettes, où je restai cette fois-là cinq jours pleins et où, comme on le verra, je retournai par la suite. Qu’on se figure un assez gros bourg, propre et cossu, allongé sur la route de Paris à Verdun, parmi les prés, au milieu des bois, les maisons et les granges bondées de troupe. Nous étions à l’abri. L’ennemi n’avait pas encore installé les batteries à longue portée qui, au moment de son offensive de Verdun, lui permirent de bombarder la gare et le village même. Nous entendions le canon, mais nous ne craignions pas les obus. »

Écrits de guerre 1914-1917. Marc Bloch. Textes réunis et présentés par Étienne Bloch. Introduction de Stéphane Audoin-Rouzeau, Éd. Armand Colin/Masson, Paris, 1997, p.152

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