
Le village bâti sur la rive droite de l’Aire, à l’entrée du défilé de Grandpré, et son église primitive sont dédiés au culte de Saint-Juvin qui remontait, selon la légende, au Xe siècle.
En 1614, Maitre Didier Mauclerc, prêtre de la paroisse, mobilise les habitants et, avec le soutien du seigneur Claude de Joyeuse, fait édifier cette nouvelle église. L’édifice, dont le gros œuvre est achevé en 1624, est construit en bordure du plateau qui domine la vallée. Sa silhouette, visible de loin, évoque une solide forteresse.
Parmi la statuaire, on peut apprécier l’imposante statue du porcher Juvin, en pierre calcaire polychromée du premier quart du XVIesiècle, classée M.H.
L’offensive franco-américaine, déclenchée le 26 septembre 1918, aboutit à la libération de l’Argonne, meurtrie et dévastée. Le village est quasi totalement détruit. L’église subit des dégâts considérables
L’église est classée Monument historique (M.H.) le 31 octobre 1918. La reconstruction commence en 1931 pour s’achever en 1935. Le gros œuvre est reconstruit à l’identique avec une charpente en béton armé. Une nef à trois vaisseaux avec six travées voutées d’ogives inspirées de celles du pavillon d’entrée du château de Grandpré, se substitue à la vaste halle plafonnée de bois. Les nouvelles pierres du gros œuvre, plus claires que celles d’origine, proviennent des carrières de Saint-Maximin dans l’Oise. Après l’acquisition tardive, en 1939, de tout le mobilier, l’église est réaffectée au culte peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale.
Les murs sont parementés en pierre de taille jaune tirée des carrières proches, entre Fossé et Buzancy. En dehors des canonnières basses, les ouvertures sont limitées au portail et à une porte latérale, bordée de deux pilastres toscans. Sur la façade sud, les première et sixième fenêtres sont petites et en plein cintre tandis que les trois autres sont plus grandes et de style gothique. La façade nord est la plus sévère. Six baies régulières éclairent les six travées de la nef.
LES VITRAUX
Un unique et imposant vitrail imagé, créé par Jacques Gruber, surplombe le maître-autel. Juvin, porcher, en prière sur le bord de l’Aire, y est représenté à gauche du Christ. A droite, Jean-Baptiste reçoit le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe.
Il a aussi réalisé en verre « antique » les vitraux mosaïques de l’église, d’inspiration Art déco, datés de mai 1934.
Il fut un des chefs de file de l’Art nouveau. La palette de couleurs et le style de la grande verrière en témoignent. Grande figure de l’Ecole de Nancy, où il avait été le collaborateur de Gallé et de Daum, il jouit d’une célébrité qui lui valut des commandes prestigieuses. il s’était installé à Paris en 1914.
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Ouvertures Journées du Patrimoine : 9h30 – 18h
Visites guidées possibles toute l’année par l’Association Saint Juvin Culture et animation


