Le village a payé un lourd tribut à la guerre. L’église St Michel, construite en 1778, a été totalement détruite en octobre 1918 lors de l’offensive Meuse-Argonne. Un nouvel édifice de style néo-roman est alors élevé entre 1925 et 1927. Les verrières ont été financées par la coopérative de reconstruction des églises du diocèse de Verdun. Les vitraux ont été mis en place en 1927. Le chœur est transformé et aménagé en 1968.

Remarquable, la verrière commémorative témoigne d’un univers créatif influencé par les recherches du cubisme. Les vitraux, les peintures et le chemin de croix en céramique présentent un style moderne pour l’époque et unique pour le secteur. Ils sont issus de l’atelier de Louis Barillet qui a pour collaborateurs Jacques Le Chevallier et Théodore Hanssen, artistes de talent qui poursuivront plus tard une carrière indépendante.

Posée sur un fond de verres à reliefs translucides aux motifs géométriques, la scène centrale représente un soldat mourant au pied de la croix du Christ. Des avions de combat ainsi que le village apparaissent à l’arrière-plan. Le dessin, très affirmé, est caractéristique de la manière de l’atelier. Les volumes, cernés de grisaille, donnent au personnage un caractère massif et stylisé visant au dépouillement et à la monumentalité.

Ces artistes ont contribué après la 1ère Guerre au renouveau de l’Art Sacré en se livrant notamment à des compositions cubistes. Louis Barillet, peintre, verrier et mosaïste, a été une figure marquante de l’art du vitrail entre les deux guerres. Théodore Hanssen exécute, outre des vitraux, des gravures, des émaux, des fresques, des tapisseries réalisées
par Aubusson. Jacques Le Chevallier était peintre et décorateur de sujets religieux. Louis Barillet est très actif également dans le domaine civil, où il collabore notamment avec Robert Mallet-Stevens. Il est membre du groupement des artistes de l’Autel, qui se propose de redonner aux différentes disciplines de l’Art Sacré une ambition artistique véritable.

Après la guerre, des milliers d’édifices religieux étaient à reconstruire ou à restaurer. Les ateliers se sont multipliés et ont proposé une production stéréotypée. Les curés ont alors choisi le plus souvent des modèles classiques, exécutés par des ateliers connus. Ayant à choisir entre plusieurs propositions, la grande majorité des commanditaires accordait la préférence aux devis les moins onéreux, et donc aux productions les plus répétitives, la création de cartons impliquant une augmentation du coût. Le manque de formation artistique du clergé et le désir des commanditaires de retrouver le type de verrières qu’ils avaient connu dans les anciens édifices sont aussi à l’origine de cette production de série. Il y eut quelques exceptions, notamment quand le desservant (curé) était ouvert aux créations d’avant-garde, dont ce vitrail.

 

A voir également dans l’église :

– le Christ en croix du XVIIIème siècle qui provient de l’ancienne église

– la croix centrale et le motif représenté au dessus de l’Autel du Saint Sacrement, réalisés par Claude Michel, sculpteur à Triaucourt.

– l’orgue de Frédéric Haerpfer, facteur à Boulay (Moselle),
réalisé en 1930-1931, restauré en 1956 et 1992.

 

Source : Très largement inspiré du recueil « Monuments de lumière » Editions Musées de la Meuse 1998