
Identifié dès le Ve s. à l’époque mérovingienne, le village fut pluseurs fois dévasté. la dernière reconstructiond’ampleur, a eu lieu après la Première Guerre mondiale.
L’église
L’église date du XVIIIe siècle. Elle est reconstruite en 1776 sur les fondations d’un ancien édifice, détruit car vétuste.
En 1804, un grand remaniement est entrepris : les vieilles tours sont démolies ; on construit le portail et le clocher actuel, qui porte à chacun de ses angles un ornement formant panache.
L’église est très endommagée en 14-18, surtout en juillet 1915, période d’intenses combats en Argonne. Elle sert de centre de tri pour les blessés amenés du front tout proche, puis d’hôpital pour les troupes américaines lors de l’offensive Meuse-Argonne en septembre 1918.
Restaurée dès la fin des conflits, elle fut l’une des premières églises meusiennes ayant subi autant de dégradations à être rendue au culte, en 1922.
En 1948, le clocher, endommagé à nouveau par des « faits de guerre » et la grêle, est réparé. Les derniers travaux de restauration du bâtiment datent de 1990. Le clocher est alors consolidé et remis à neuf.
En 2018, elle est classée parmi les « églises remarquables de la Meuse » par la Conservation du Patrimoine du Département.
Les vitraux
Les vitraux détruits ont été remplacés en 1931 par Joseph Benoit, maître peintre verrier de Nancy. Douze verrières de 2,90 m x 1,30 m sont posées.
Lors des nombreuses reconstructions ou réparations d’églises suivant la Grande Guerre, la création des vitraux est marquée par deux grandes tentatives antagonistes : retrouver le style et les images d’avant-guerre ou de profiter de l’ampleur des chantiers, pour renouveler l’iconographie et utiliser d’autres techniques, d’autres langages artistiques.
Ici, pour les médaillons–scènes centrales, c’est clairement le choix de la tradition qui a été fait par les paroissiens et le curé. Le vitrailliste remplace les grisailles géométriques ou à motifs végétaux entourant ordinairement ces «médaillons à la fin du XIXe s. par un décor de colonnades, » à l’antique « , classique lui aussi. Ce n’est pas le choix fait pour l’église de Forges-sur-Meuse, à une vingtaine de kilomètres où, pour le vitrail commémoratif, le même médaillon central est inséré dans un fond Art Déco.
Les multiples commandes de créations de verrières, dès la fin du conflit et dans un laps de temps très court, ont conduit à des figurations souvent répétitives. Les ateliers utilisent des cartons (dessins) dont ils adaptent et personnalisent certains éléments à la demande de leur clientèle (photographies de visages, représentations des villages en arrière-plan, style…).
En entrant, sur votre droite, vous rencontrez :
La Cène
Jésus avec Saint Joseph et la Vierge
Un vitrail commémoratif dédié aux morts de la Guerre 14-18
Jésus au Temple avec les Docteurs de la Loi
Jésus au milieu des enfants
L’Apparition du Sacré Cœur
Sur votre gauche
La multiplication des pains
L’Assomption de la Vierge Marie
Notre Dame du Saint Rosaire
La Visitation de la Vierge Marie
L’Apparition de la Vierge Marie
Le vitrail commémoratif représente la tombe d’un soldat mort au cours de la Première Guerre. A son côté, sa famille et deux camarades de combat se penchent. Au second plan figure le village détruit. Ce vitrail a été entièrement financé par la commune et rend hommage au village meurtri, mais surtout à ceux qui sont tombés pour le défendre.
Joseph Benoît (1871-1939)
Maître verrier de l’Ecole de Nancy (Art nouveau), il est associé à Georges Janin de 1912 à 1921, date à laquelle il crée son propre atelier. Il a beaucoup travaillé dans le doyenné de Vouziers, réalisé aussi à proximité les vitraux de l’église du Claon et le vitrail commémoratif de l’église du Neufour.
Dans l’église
Dans une niche à droite du cœur est déposé un crucifix. Il avait été emporté « en souvenir » en septembre 1918 par l’ambulancier Alfred HAYES de la 35ème Division US. Il a été restitué le 23 juin 2013 par sa petite fille Patricia CARSON (Kansas).
Sources : Pouillé du Diocèse de Verdun – Inventaire général des paroisses du diocèse de Verdun et son appendice confidentiel, 1902- Patrimoine des communes de la Meuse, Ed. Flohic, 1999



