Elle porte le nom du saint patron de la paroisse, Saint Martin (316 – 397), Evêque de Tours (370-397).

Un nouvel édifice a été élevé en 1623 pour remplacer l’église paroissiale «mère», érigée au village de Berthaucourt, ruiné par les guerres du 16e siècle et abandonné. Vers 1796, des travaux sont engagés pour reconstruire la tour supportant le clocher mais le reste demeure dans un état lamentable.

Conçu par M. Dubois, architecte à Verdun, construit en 1823-1824 en imitation de style grec, l’édifice actuel est doté de trois nefs et d’un chœur particulièrement lumineux. Le sol, comme les fondations et les murs, ont été construits avec les pierres de l’ancien bâtiment. La tour, en pierres de taille, a été conservée. Le clocher, de style grec, détruit à la suite de l’incendie de 1959, a été remplacé en 1960 par un clocher pointu couvert d’ardoise. Les cloches, fondues sont alors remplacées.

 

LES VITRAUX

Endommagés en 1914, les vitraux de l’église sont remplacés dans leur intégralité dans les années 1920. La majorité d’entre eux sont des dons de généreux paroissiens, la plupart particulièrement affectés par la guerre de 1914-1918. Il a été fait appel à des ateliers en proximité, dont l’histoire reste peu documentée. On relève les signatures de l’Atelier Georges Graff, peintre verrier à Bar-le-Duc, et de G. Hoen également de Bar-le-Duc. Aussi, certaines figurations sont inspirées par l’histoire religieuse locale: Notre Dame de Benoîte-Vaux, St Rouin.

L’iconographie et le style des vitraux sont assez traditionnels et représentatifs de leur époque. Cependant, quelques éléments remarquables méritent attention :

– Un vitrail représentant St Rouin (3ème vitrail sur la droite en entrant)

Le saint ermite fondateur de l’abbaye de Beaulieu-en-Argonne bénit trois moines. En arrière-plan, on peut voir l’abbaye, un calvaire et une fontaine, probablement la “fontaine aux nœuds” qui existe encore près de son Ermitage en forêt de Beaulieu. Survivance de rites païens, les jeunes gens amoureux y venaient ensemble nouer des brins d’herbe qu’ils jetaient dans l’eau.

– Un vitrail commémoratif et patriotique (4ème vitrail sur la gauche en entrant)

Un vitrail très touchant rend hommage aux soldats décédés à la guerre. Réalisé par l’Atelier Georges Graff, il représente le Sacré-Cœur de Jésus bénissant un soldat mourant sur le champ de bataille. Surmonté d’un ruban tricolore, l’ange brandit un phylactère avec cette inscription: « Il ne faut pas me pleurer, c’est pour la France ». Dans le bas de la verrière, des inscriptions commémoratives sont aussi explicites : « Pro Patria 1914 1918 ». Ce mélange de motifs sacrés et patriotiques reflète l’Union Sacrée qui s’est nouée entre cléricaux et anticléricaux pendant la Guerre de 14-18.

– Un vitrail “photographique” (2ème vitrail sur la gauche)

Offert par la famille Boivin-Bertin en 1927, il représente le saint patron du village bénissant un homme agenouillé. En arrière-plan, le village de Lavoye est figuré d’après photographies, éditée aussi en cartes postales comme on peut le voir plus haut. Ce procédé d’illustration graphique était très moderne quand il a été réalisé,. Il est caractéristique de la période d’industrialisation et d’innovation de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.