L’église Notre-Dame de l’Assomption fut vraisemblablement bâtie au XIIe siècle à l’époque romane avec une toiture en tuiles. À ce moment, le développement acquis par le bourg exigeait la construction d’une nouvelle église paroissiale, plus spacieuse et d’un accès plus facile que la petite église du haut.

Au XIVe siècle, la ville atteignit, sous les derniers ducs de Bar, le plus haut point de sa prospérité et il fallut agrandir l’église. À la place du transept et du chœur roman, on éleva, dans le style de la seconde moitié du XIVe siècle, un assez vaste transept et une abside polygonale, flanquée de deux chapelles carrées. Dès lors, l’église du bourg de Varennes fut dénommée dans les textes « le grand moutier », par opposition à l’église du château appelée « petit moutier ».

Le transept supportait le poids du clocher jusqu’à sa destruction au XVIIIe siècle. Pour accéder à ce clocher (qui fut démoli en 1773), on empruntait un escalier hélicoïdal qui démarrait dans la chapelle de la Vierge. Cet escaler existe encore aujourd’hui.

En 1776, on bâtit au-dessus du porche d’entrée un nouveau clocher avec une charpente couverte d’ardoise. C’est sans doute à cette époque qu’on ajouta la sacristie au côté nord de l’église. Pillée et profanée par la Révolution, transformée successivement en temple de la Raison et en temple de l’Être Suprême, l’église Notre-Dame survécut à la tourmente.

Mais le 23 septembre 1914, l’édifice qui avait servi d’ambulance depuis le commencement du mois, tant aux Français qu’aux Allemands, et que couvrait le drapeau de la convention de Genève, fut incendié par les obus ennemis. Ceux-ci mirent le feu à un dépôt de bidons d’essence, laissé contre l’église par l’armée allemande lors de son premier recul après sa défaite du 12 septembre à la bataille de la Marne. L’énorme charpente du clocher et de la toiture fut bientôt dévorée par les flammes, laissant apparaître les lignes architecturales de la construction primitive. Le désastre s’aggrava malheureusement dans les années qui suivirent. La voûte du chœur s’effondra dans l’hiver de 1914-1915 ; le côté sud de l’édifice tourné vers Boureuilles et Vauquois, c’est-à-dire vers le front, fut martelé sans relâche par l’artillerie française. L’offensive américaine de septembre 1918 valut de nouvelles mutilations à la malheureuse église, et à l’armistice, elle n’était plus qu’une ruine tragique. En 1920, on acheva de détruire la nef et le transept pour exhausser la place environnante.

À ce moment intervint, un peu tard il faut le Le 8 juin 1914, l’église fut classée parmi les « Monuments historiques », ce qui permit de sauver les pièces utilisables et une partie de l’abside. En 1926, soit huit ans après la fin de la guerre, les crédits de reconstruction furent débloqués La première messe fut célébrée dans la nef par Mgr Ginisty, évêque de Verdun le 4 août 1929 dans une église toujours en reconstruction. L’installation des cloches et du clocher eut lieu en 1930, la tribune et l’orgue en 1932 et enfin le transept et le chœur en 1933.

 

LES VITRAUX

Tous les vitraux ont été réalisés par le décorateur maître-verrier Jacques Gruber (1870-1936), qui s’était formé chez Daum puis chez Majorelle.

Ceux du chœur

Les grandes verrières du chœur ont été posées en 1931. Ces vitraux sont parmi les plus belles réalisations en Meuse, dira André Ventre, architecte en chef des Monuments historiques. Sur la 1ère fenêtre, on peut y voir des passages de l’ancien testament : le buisson ardent, Ballaam… Sur la 2ème, l’annonciation avec l’ange Gabriel et Marie, la nativité, et dans l’occulus, l’étoile qui a guidé les mages. Le couronnement et l’assomption de la Vierge sont présentés dans la 3ème fenêtre. Les 4ème et 5ème représentent la mort de Jésus et la légende de saint Nicolas.

Clin d’œil à la commune, Jacques Gruber a inséré dans ses vitraux plusieurs reproductions d’édifices varennois comme l’église paroissiale; la tour Louis XVI. ou le château de Varennes avant 1914.

Et ceux de la nef

Les six verrières, plus petites que les grandes fenêtres de la nef, ont été posées en 1935. De coloris vert au nord et jaune au sud, elles ont pour thèmes la charité avec des illustrations inspirées des paraboles des évangélistes Luc et Matthieu.

Il est possible que Jean-Jacques Gruber, qui a réalisé les vitraux de l’église de Clermont-en-Argonne, ait collaboré avec son père un an avant le décès de ce celui-ci, à la réalisation de ces six vitraux.

 

Sources : Charles Aimond, Histoire de la Ville de Varennes-en-Argonne, 1928  –  Publications Terres d’Argonne  –  Photos Michel Godard, Hubert Philippe et Loïc Taboureaux