Les origines du village
Étymologiquement, le nom de ce village veut dire « petit champ ». On voit apparaître le nom du village au XIIIe siècle ; son appellation «  Champigneulle » est stabilisée dès 1672.
Pendant près de mille ans, le village fit partie du Comté de Grandpré.

L’église
L’église actuelle, du XXe siècle a été reconstruite en 1929, suite à la destruction de l’édifice antérieur en 14-18. Élancée par son clocher, à nef unique, elle est de style « roman ».

Celle du XIIIe s., reprise au XVe, dédiée à Saint Sulpice, était fortifiée. On pouvait y admirer un très beau retable en bois sculpté doré dont seule une carte postale subsiste.

La décision de reconstruction fut prise le 10 juillet 1928 lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal.

« Le conseil municipal, considérant que la commune est adhérente à la coopérative – départementale de reconstruction – décide de mettre en adjudication restreinte les travaux de reconstruction de l’église. Seront déclarées soumissionnaires les entreprises de la région, de nationalité française, dont la liste sera déposée en mairie… Le conseil décide en outre que les travaux seront adjugés en deux lots, soit :

lot 1 : terrasse, maçonnerie, carrelage, etc.

lot 2 : charpente, couverture, menuiserie, peinture, vitrerie…»

L’architecte retenu est M. Rousset, de Grandpré.

M. Robin entrepreneur à Vouziers, adjudicataire avec M. Colin, assure la reconstruction qui s’étale sur plusieurs années.

L’église est rebâtie avec la pierre de Champigneulle, dont le réemploi de celle de l’ancienne église. En date du 7 novembre 1929, le conseil avait autorisé MM.Robin et Colin au rachat des vieux moellons restants.

Le 29 juillet 1939 a eu lieu le règlement définitif des travaux de couverture, M. Legrand en étant l’architecte.

Les extérieurs de l’église ont été rénovés en 1996.

LES VITRAUX

Le chœur est illuminé par trois verrières de style Art-Déco : simplicité du trait, a-plats de verre brut de couleurs vives, frise à décor géométriques…

Ce style est fréquemment adopté dans les églises de la reconstruction, porté par le courant du Renouveau de l’Art Sacré (voir sur You Tube les deux films que nous avons réalisé avec Michel Coistia, historien ardennais).

Derrière l’autel, ces vitraux posés le 30 janvier 1937 représentent : au centre le calvaire, à gauche Sainte Barbe, et à droite Saint Éloi. Leur pose marque la phase finale de la reconstruction. Le conseil avait autorisé M. le Maire à traiter de gré à gré avec M Bartoletti l’achat et la pose de ceux-ci.

Leur signature – Vosch- Montreuilindique qu’ils ont été réalisés dans les ateliers des peintres verriers Jules VOSCH et Jules VOSCH fils, installés à Montreuil (Pas de Calais). Le maître-verrier belge Jules-Marie-Albert Vosch (1885-1964) est, avec son fils (1892-1969), l’auteur de nombreux vitraux durant l’entre-deux-guerres, particulièrement dans l’Aisne (Braine), l’Oise (Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul de Rethondes) et le Pas-de-Calais (Quéant, Hébuterne). Ils ont aussi notoirement, réalisé les verrières de l’ancien prieuré-cure des Prémontrés, actuellement église paroissiale de Chéry-Chartreuve, dans l’Aisne pour Jules père, et de l’église paroissiale de l’Immaculée Conception de Saint-Omer, Pas-de-Calais, pour Jules fils.

Ferrures au dessin géométriques strictes et verre cathédrale pour les autres verrières qui n’ont pas bénéficié d’un traitement par

À L’INTÉRIEUR

Sur le côté droit avant le chœur, une statue représente Saint Sulpice, évêque de Bourges, patron de la paroisse, décédé en 647.

Le Christ aux liens

Ce que l’on remarque en premier, c’est un magnifique Christ aux liens, ou Christ de pitié, taillé dans un tronc de chêne. Ce Christ, selon certaines sources, subsisterait de l’ancienne église .

Placée dans l’église, cette statue en bois du XVe s., représentation du Christ après la flagellation), a été sculptée dans un tronc d’arbre par les moines d’une abbaye. Cette très belle pièce de sculpture, importante aussi par sa taille (2 m de haut) et classée Monument Historique, vient d’être restaurée par les Beaux-Arts.

Selon la tradition orale, ce Christ était destiné à une autre église : transporté sur un char, l’attelage de bœufs étant fatigué s’arrêta devant l’auberge et ne voulut plus repartir. Le lendemain, la statue avait disparu… Un jour, elle réapparut et fut portée à l’église.

Ce thème du Christ aux liens est classique dans l’iconographie du Moyen-Âge. Dans le département des Ardennes, trois autres statues sont recensées 

Dans la sacristie on peut remarquer le meuble de rangement des vêtements sacerdotaux et des objets cultuels.

Le reste du mobilier est de facture courante, y compris la cuve baptismale.

Cependant deux éléments soulignent discrètement mais assurément l’influence Art Déco dans la conception de l »édifice : le pavage géométrique en carreaux de ciment, la balustrade en fer forgé de la tribune au dessus de la porte d’entrée. Ils le font avec l’économie de moyens d’une modeste église de village qui n’a sans doute pas mobilisé beaucoup de crédits de reconstruction.

À L’EXTÉRIEUR

– Des éléments architecturaux sculptés de l’ancienne église

Côté droit sur la pelouse, la cuve baptismale du XVIIe est mise en valeur.

En façade, de part et d’autre du portail : à droite, un chapiteau ; à gauche, une architrave (linteau sculpté portant sur les colonnes).

Côté gauche, adossés au soubassement, une architrave, une archivolte (ensemble de moulures plus ou moins ornementées qui couvrent l’arc d’une baie) et un chapiteau.

Au dessus du portail d’entrée, une croix nous interpelle. C’est une croix ionique : forme de croix adoptée au VIe s. par Saint Colomba, moine d’origine irlandaise, à l’île d’Iona.

– L’horloge publique, à la base du clocher,, réalisée par MM Prêtre et fils, achetée en avril 1931, donne toujours l’heure aux habitants.

– Le clocher abrite (la cloche) Louise Aline Thérèse :

« J’ai pour parrain M Philippe Louis WALINE et pour marraine Aline Victoire LALOUETTE, veuve Woiron. J’ai été baptisée en 1931 par M l’abbé LÉPINE, curé doyen de Grandpré. M l’abbé Louis LORENT étant curé et M Jules Alphonse FEUILLETTE étant maire. »