L’édifice actuel, rebâti sur des constructions antérieures (14e s. au moins), est daté du 16 siècle. Construit en 1540 ou 1549, il a été ensuite très souvent remanié. Le portail  (et probablement une grande partie de la façade) a été repris en 1787.

Lors de la Guerre de 14-18, le village, proche de la ligne de front, a été rasé par les bombardements, et l’église a été fortement endommagée. Le village a payé un lourd tribut à la guerre. Tous les habitants ont été faits prisonniers, évacués, certains sont décédés de faim comme en témoignent des listes encadrées dans les locaux de la Mairie. L’abbé Alexandre Bourguignon, curé du village, est décédé en mars 1918 à Milejgany (Pays Baltes), où il était en camp de représailles.

Le bas-côté nord, la partie supérieure de la chapelle nord et de la façade occidentale, la toiture ont été reconstruits dans les années 1920. L’église a été « relevée » en 1923.

LES VITRAUX

Ils ont été mis en place en 1923.

Deux maîtres verriers, Louis Barillet et Jacques Le Chevallier, de Paris, signent l’ensemble des verrières, à l’exception de la Nativité de la verrière centrale du choeur, datée de 1930, due à Roger Desjardins.

Barillet est un des plus grands noms du vitrail du 20e s., à l’avant garde, co-fondateur du mouvement l’Union des Artistes modernes en 1929. Il s’est associé à deux autres grands vitraillistes, Le Chevallier, co-signataire des vitraux de cette église et Théo Hanssen non cité ici. A l’instar d’autres verriers du courant de Renouveau de l’Art Sacré, ils associent d’autres arts à leurs œuvres de verre. Louis Chevallier est lui-même décorateur et mosaïste.

Desjardins est aussi un maître-verrier majeur, dont les ateliers sont à Angers avec des succursales à Paris, Reims et New York.

Un vitrail particulièrement remarquable (inscrit à l’Inventaire) : une Mater Dolorosa

L’oculus, au dessus du portail, montre une mère éplorée, entourée par deux poilus en prière.

Après la déposition du Christ de la Croix, Marie tient en ses bras le corps inerte de son fils. Son visage est empreint d’une grande souffrance. Son long voile se confond presque avec l’ample tissu de sa robe. Ce ne sont pas les couleurs traditionnelles (bleu et blanc ou bleu et rouge) mais un bleu horizon de même tonalité que celui de l’uniforme des deux poilus en arrière plan. Les deux soldats, encore casqués, agenouillés les mains jointes, prient avec ferveur. L’un barbu, l’autre imberbe, ils pourraient représenter la jeunesse et l’âge adulte. Leur posture évoque celle des anges orants, fréquente dans l’iconographie religieuse. Les teintes des fleurs stylisées, de couleur mauve et rouge, symbolisent le plus haut niveau de spiritualité : le deuil mais aussi le monde céleste.

La scène est entourée d’une couronne d’épines rappelant la Passion, avec, tout en bas, un phylactère portant une inscription latine : « HUMANI GENERIS REDEMPTIO » («Rédempteur du genre humain»).

Barillet et Le Chevallier établissent ainsi un parallèle entre la Passion du Christ et celle du soldat, lui aussi meurtri dans sa chair, en proie à la souffrance. Dans les deux cas la Mère est dans l’affliction.

La nef est aussi éclairée de vitraux de ces deux artistes, qui évoquent de façon stylisée les « armes du Christ » (arma Christi) : motifs de croix de couleur sur fonds géométriques, avec, dans la partie inférieure, des losanges contenant les objets de la Passion et des symboles christiques.

Quatre autres verrières, des mêmes créateurs, représentent un « Ecce Homo » («Voici l’Homme »), une Résurrection et deux personnages, une Vierge à l’enfant et Saint Marcel, patron de cette église.

Représentation d’un autre style, La Nativité de Desjardins, est un don de la Famille Lacroix- Hérard. Le choeur de l’église, avant la guerre n’était pas dotéé de verrières. Un autel monumental en occupait le fond. Le conseil municipal a du être sollicité pour autorisation de percement, accordée le 9 mars 1930, à la Veuve Lacroix-Hérard de Vouziers, donatrice.

A DECOUVRIR DANS L’EGLISE

– Le mobilier de l’église date des années 1920-1930 : le maître-autel, l’autel secondaire Saint Marcel à gauche, la chaire, le confessionnal et les vitraux, nettement d’inspiration Art Déco. Les autels et la croix sont ornées de mosaïques signées Fantoni.

– Une bonne partie des statues de la nef sont des moulages en plâtre, sans grand intérêt artistique. Cependant certaines statues, plus anciennes, Christ ressuscité, Christ en croix, Vierge à l’Enfant, Saint Marcel) et du 19e s. (saint Méen), avaient échappé aux bombardements.

Vous pourrez découvrir plus largement la richesse du mobilier et l’histoire de ces vitraux, emblématiques du Renouveau de l’Art Sacré  dans les films vidéo tournés en cette église avec Michel COISTIA, historien ardennais.

Une association locale présente dans l’église une exposition sur l’histoire de celle-ci et du village et assure des visites commentées.

Réf : « Images de verre, images de guerre »Ed; Archives départementales des Ardennes 2004

Michel Coistia, Jean-Marie Lecomte, Les églises des reconstructions dans les Ardennes, Ed. Noires Terres,

Ouvertures de l’église :

Journées du Patrimoine : 10h – 112h   /  14h – 18h

Tous les dimanches : 10h – 12h   /  14h – 18h -et  à la demande (affichage d’un numéro de téléphone sur la porte de l’église)